BRM 200 de Paname

Ce n’est pas (plus) un secret, j’ai envie de tenter le en 2027. Pour cela, il faut en 2026 faire plusieurs (Brevet de Randonneur Mondiaux) et plus la distance est longue, plus on pourra se pré-inscrire dans le sas de départ de son choix. Et rebelote en 2027 où il est indispensable de faire 200/300/400/600 pour pouvoir se qualifier.

600 ? 😱 Bon, ne pas y penser tout de suite !

On va gentiment commencer par un 200. Grâce aux j’ai pu en faire un certain nombre et je suis assez « à l’aise » sur la distance mais évidemment je n’en ai pas encore fait avec et par ailleurs je les fais généralement entre 10h et 13h (bon là y’avait 2550m D+, ça n’aide pas à aller vite). Ah et oui, souvent ! Cela va être mon premier 200 100% route.

J’ai donc choisi de faire le organisé par l’Audax Club Parisien. Une belle boucle dans le Vexin, une organisation fiable et début mars ce qui devrait peut-être nous permettre d’être déjà sorti de l’hiver. Objectif moins de 10h, idéalement moins de 9h 🙂

Réveil donc à 5h ce matin. Ça pique un peu. Petit dèj et en route.

De nuit on ne voit pas grand chose, des arbres dans la brume, lumière urbaine, des immeubles peut-être aussi

Il fait nuit noire et il y a beaucoup de brume. Ça devrait se lever dans la matinée (croit-il).

Pour s’économiser, , RER B et ligne 14 me déposent au pied du départ.

Un vélo type course posé dans le RER B, deux bidons et une banane qui dépasse du food pouch

Il y a beaucoup de monde mais l’organisation est vraiment au top et franchement pas d’attente. J’ai pu récupérer le précieux sésame (un passeport avec les différents points de contrôle à faire tamponner à chaque étape pour valider le brevet). Je croque un quart d’orange et un morceau de gâteau et je me dirige vers la ligne de départ. Il y a beaucoup de monde mais là aussi c’est fluide.

À l'aube de nombreux cyclistes en gilet jaune avec les lumières de tous les vélos, attendant le départ

7h05. C’est parti. Rendez-vous dans 10h (ou mieux).

Les premiers tours de roue dans le nord de la banlieue parisienne me mettent en confiance. Les cyclistes prennent petit à petit leurs marques et je me retrouve à rouler globalement seul ce qui me va bien. De temps en temps je rattrape un groupe ou je me fais rattraper. Selon j’essaye ou non d’accrocher. Je me teste.

Dans une petite rue de banlieue parisienne, un cycliste seul s'enfonce dans la brume

Petit « détail », j’ai touché l’un des plus grands tabous à vélo : j’ai changer le réglage de mes cales hier sur mes chaussures 😱 Alors ça c’est vraiment la pire idée du monde, mais pour l’instant cela semble bien se passer. Croisons les doigts (bon, flemme d’attendre la fin : tout va globalement bien se passer, ouf !)

On sent que la brume a du mal à se lever et si en ville cela reste assez discret, l’arrivée à la campagne ne verra pas le ciel se dégager.

Route de campagne dans la brume, au loin un cycliste

Au bout d’1h30 j’ai fait 30km. Cette moyenne me va parfaitement, il y a assez peu de relief et évidemment pas encore de fatigue.

Une route au bord d'un fleuve que l'on ne voit pas à cause de la brume

Cette brume est assez désagréable. Je ne suis pas vraiment trempé mais je suis tout de même mouillé et la température n’est pas très chaude (10°C peut-être ?). Surtout l’eau se plaque sur les lunettes et je ne vois pas grand chose. J’essuie tant que je peux, mais c’est assez casse pied. Je n’aime pas rouler sans lunette, surtout en groupe avec les projections qui peuvent être faites pas les vélos qui me précédent. Alors, bon, j’essuie mais je suis encore plus dans le brouillard que ce qu’il y en a. Heureusement je n’ai pas trop froid, mon coupe vent fait le boulot.

Petite route de campagne peu de chose visible à cause de la brume

Ceci dit c’est assez joli quand même. L’impression que les sons sont un peu étouffés, je m’attends à voir surgir une bestiole à chaque virage et on ne voit pas trop les distances (ni le relief au loin), donc on se laisse porter par chaque coup de pédale.

10h, km73, le premier contrôle. Je suis toujours à environ 25km/h de moyenne, ça me plaît. Je prends le temps du coup de tampon pour manger ma banane et une barre de céréales et je repars direct. Pas le temps de niaiser !

au premier plan une personne tient une banane épluchée, derrière un vélo type course appuyé sur un poteau

Les 100km sont atteints peu après les 4h de roulage. Franchement, ça me va bien. J’ai encore la niaque et je ne m’attendais pas à ça vraiment. Profitons. Les 8h je n’y crois pas du tout, mais 8h30 ? Ce serait formidable. Je décide donc de ne pas me poser pendant les contrôles, pas d’arrêt boulangerie pour le moment, on va se contenter des barres et de l’eau que j’ai avec moi.

une route de campagne qui tourne, on devrait voir un paysage car on est au sommet d'une colline mais juste de la brume

J’ai quand même un peu frais au bout des doigts. À midi c’est toujours brumeux, ça me saoule. Crétin je pense seulement maintenant à changer mes verres de lunettes pour passer à du transparent. Je gagne en visibilité ce qui fait du bien.

Route de campagne avec une brume légère avec un groupe de cyclistes

À midi 30 Je passe devant une boulangerie noire de cyclistes. Je me dis qu’ils ont tous très faim et je poursuis mon chemin.

Et je fais demi-tour au bout d’un kilomètre : c’était le checkpoint !!! (c’est malin). Il me reste encore 75km (+2) à faire, cela fait 5h que je roule. Je commence à sentir une petite fatigue et je me dis que je vais continuer à pousser jusqu’au dernier CP qui est au km 167. Les bosses deviennent dures à grimper, pas de watt dans les jambes. J’attrape les groupes qui me doublent en me mettant un peu à l’abri. Tant que je suis sur le plat ou presque, cela se passe très bien et je peux rouler à 30-35km/h mais si ça monte, je m’arrête presque net et la vitesse s’écroule. Je mets ça sur le manque de force dans les jambes que je n’ai jamais vraiment travaillé et il va falloir que je passe à la salle et/ou que je fasse plus de côtes !

13h30, il reste 50km, le ciel se dégage enfin un petit peu !

Paysage de campagne avec une prairie verte et un ciel gris derrière lequel on sent le soleil qui essaye de percer

Ça motive de sentir un peu de chaleur (toute relative, mais c’est bien agréable).

Panneau d'avertissement en bord de route "Attention migration d'amphibiens ralentir"

J’arrive au dernier CP. Les quelques roues prises en route m’ont permises de garder le rythme et je suis toujours aussi content de ma moyenne même si elle est un peu artificielle. Je n’aurais pas pu rouler aussi fort seul (à la fois à l’abri et motivé par le petite groupe). Comme prévu, je prends 15 minutes de pause avec le repas idéal du cycliste. Pas si idéal, faut que j’arrête le coca. Le boost en sucre est utile, mais le gaz pas trop. Oasis peut-être ?

Un flan croqué dans une petite boite en carton et une cannette de coca ouverte, le tout posé au sol ensoleillé

En tout cas cette pause est indispensable car derrière il y a 10km de grimpette à 6-7% et nous faire ça au km180 c’est pas sympa 😂

Extrait du profil d'élévation d'une trace montrant les 30 derniers kilomètres avec une grosse côte en plusieurs étapes sur 10/12 km

Mais après cette dernière difficulté, 20km de descente et de presque plat. Cela motive.

Il est environ 14h30, j’attaque et comme prévu, je n’ai rien dans les jambes et je perds pas mal de temps. Adieu les 8h30 (bon avec la pause de 15min c’était déjà compliqué). On va viser moins de 9h. Ceci dit la route est belle, hein. Juste j’ai du mal et je ne suis pas le seul, ça se sent.

C’est parti pour la descente et j’adore ça ! Pleine balle partout, belle route. Je me rate un peu dans un virage mais je relance aussi sec. Cette sensation de vitesse me grise totalement. Jusqu’à ce que ma roue arrière ait un comportement que je ne connais que trop bien juste à la sortie de la forêt… Un coup d’œil rapide et le diagnostique est immédiat : première (oh oui, « première », aucun doute) crevaison avec .

Une vis en gros plan plantée dans un pneu de vélo

La vis est longue, a tapé la jante mais sans dégât semble-t-il. 20 minutes plus tard je repars mais à 15km de la fin quelle frustration. 8h30 depuis le départ, je ne mettrai certainement pas 30 minutes pour faire les 15 kilomètres alors j’ai lâché un peu la pression.

J’ai roulé en alternance avec un petit groupe qui avançait plus vite que moi mais que je doublais en descente ou en ayant plus de chance dans les carrefours.

J’arrive. 203km, 9h13 de trajet tout compris, 8h25 en déplacement. Ouais, cool, je suis content. Il est bien ce nouveau vélo 😉

Le temps d’un dernier tampon, d’une petite bière et d’un sandwich, je repars.

sur une table, un verre de bière, un sandwich croqué et une carte jaune avec plusieurs numéros qui sont marqués de tampons et d'heure de passage

En train ? Que nenni ! Il fait beaucoup trop beau pour ne pas profiter de ! Alors ce sera en roulant très cool et très prudemment que j’ai pris le chemin du retour. Et puis c’est aussi l’occasion de faire « plus » que 200km.

Vue du palais de justice de Paris, porte Clichy
Vue de l'opéra de Paris
Vue de la pyramide du Louvres

J’arrive doucement vers chez moi au total 223km, mon maxride. Il est temps de prendre en photo qui m’a donné beaucoup de plaisir aujourd’hui. C’est moi ou il est beau ce vélo ?

Un vélo type course vu de profil et appuyé sur l'entrée en pierre d'une maison

Quel bilan de ce BRM200 ?

La distance, ça va. La vitesse, certes je ne ferai pas aussi vite en roulant plus longtemps, mais j’ai beaucoup aimé. La puissance en revanche, j’en manque vraiment et il faut travailler ça. Petite douleur à la cheville droite également. Cela ne m’a pas pénalisé mais je le sens. Les cales ? Peut-être, à surveiller. Ma gestion de l’alimentation a été correcte. Pas de fringale, pas soif. Sur plus de 200km ce ne serait pas la bonne méthode, mais là, les barres furent suffisantes (et le petit déjeuner, et le repas de la veille).

Ah, et aussi ne pas croire a météo qui avait annoncé 10°C de plus et un très beau soleil dès le début d’après-midi !

Dans deux semaines c’est le BRM300 du VCMB, qui a 1000m de D+ supplémentaires et qui va presque nous emmener jusqu’à Rouen. Je voulais enchaîner les deux aussi proches pour justement tester la fatigue. Le départ sera très matinal le samedi (5h) avec une arrivée au plus tard à 1h le dimanche. C’est tout à fait une très grosse journée de roulage telle que je les imagine sur le . J’ai hâte mais je sais déjà que je vais souffrir. Mais c’est « juste » 77 km de plus qu’aujourd’hui 😂

Aller, il est tard, au lit, et je vous raconterai la suite dans 15 jours

Le Strava pour les curieuses et les curieux.

(Article d’origine avec beaucoup de photos : BRM 200 de Paname)

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